Wing'z 7

Déclaration liminaire au CTD du 4 avril 2014

Dijon, le 04 avril 2014

Monsieur le Préfet,

Au risque de répéter tout ou partie l'intervention de M.GAUJOUR lors du CTRI de jeudi 27/03/2014, nous ne pouvons que rappeler le contexte (crise économique, accroissement de la dette publique, baisse constante des moyens et absence de perspectives due à un bouleversement constant de notre cadre de travail) dans lequel se déroule ce comité technique, dont l'ordre du jour est en grande partie construit autour de questions budgétaires. 

Les priorités ministérielles nationales données à la sécurité impliquent un report des baisses de moyens sur la mission d'administration territoriale, ce qui a pour effet de faire peser sur nos collègues dans les préfectures une détérioration des conditions de travail qui va croissante.

La déclinaison des chiffres nationaux (365 ETP supprimés en 2012, 450 en 2013, pas moins de 550 en cours d'extinction en 2014 et 600 d'ores et déjà prévus pour 2015) impacte brutalement notre département, puisque après la suppression de 18 ETPT en 2013 sur le BOP régional 307, ce sont 19 équivalents temps pleins qui vont disparaître en 2014. Dans le département, cela implique le non renouvellement de 5 emplois, dans un contexte ou les missions changent peu, ou le nombre d'indicateurs que l'on demande aux services de renseigner va croissant et ou le budget global de fonctionnement est également revu à la baisse d'une manière purement comptable, sans conduite d'une réflexion globale sur les missions comme promis depuis le début de la RGPP, à tout le moins.

La CFDT a toujours indiqué qu'elle était prête à discuter avec l'administration de la meilleure manière de rationaliser les moyens de l'action publique. Mais rationaliser l'action ne veut pas et ne peut pas vouloir dire baisser les moyens d'une manière aveugle dans le simple but d'atteindre des objectifs budgétaires, au mépris du sens du service public, de son périmètre et des conditions de travail de nos agents. Pour une personne, le choix de s'engager au service du public se fait déjà au détriment du niveau de salaire qui, à qualifications égales, sera inférieur à celui d'une carrière privée. Priver ces agents du sens de leur action en envoyant coup sur coup de tels signaux négatifs n'est pas cohérent. Le respect strict d'un plafond d'emplois constamment à la baisse dont on sait pertinemment qu'il ne permettra plus aux agents restants de continuer à assumer leurs missions pour répondre à la demande des usagers n'est pas acceptable pour ces personnes qui doutent de plus en plus de leur vocation première. Doit-on évoquer l'expérience similaire de cure d'amaigrissement infligée dans les années 90 à l'administration au Canada, qui a conduit à la mort d'usagers suite à l'écroulement d'un pont qu'on n'entretenait plus faute de moyens ? Certes, des marges de productivité existent, mais les réformes supposées les mettre en oeuvre ne sont que rarement conduites à terme et ne produisent par conséquent pas les gains attendus, quand elles ne conduisent tout simplement pas à complexifier l'action de l'État et le travail des agents.

Face à ce constat d'une crise indéniable des finances publique qui impose évidement une rationalisation des moyens, il est impératif qu'un dialogue social soit conduit autour de nos missions au niveau local puisqu'il semble que l'administration centrale, pour de probables raisons politiques, n'arrive pas à démarrer elle-même ce chantier, ce afin d'anticiper au mieux les baisses de moyens humains et budgétaires à venir. La CFDT se porte volontaire pour apporter sa contribution le plus rapidement possible dans le cadre du groupe de travail que vous avez souhaité mettre en oeuvre l'an dernier, relatif à la priorisation et à la simplification des missions. La participation active des agents à un tel groupe de travail nous semble constituer la seule solution pour remotiver une fonction publique locale en perte de repères, dans la mesure ou il parvient à des résultats sensibles notamment par rapport à l'absorption et à l'anticipation des économies futures, qui ne manqueront pas de frapper durement nos structures parvenues au bout de l'exercice du simple "serrage de ceinture".

Dans le souci de rester concentré sur cette priorité numéro un, nous ne détaillerons pas, Monsieur le préfet, les autres sujets de préoccupations qui sont ceux des agents et de la CFDT au cours de cette déclaration liminaire, que nous avons souhaité claire et concise (avenir des souspréfectures, calendrier des SGAMI, anticipation de la création des différentes plate-formes régionales, transfert du personnel en charge de la gestion des fonds européens...), car nous aurons l'occasion d'y revenir lors de nos échanges pendant ce comité technique. Nous réaffirmons que dans l'intérêt des agents, la CFDT s'efforcera toujours de rester constructive. Aussi sommes nous à votre disposition pour travailler de concert avec le management local et les agents dans le but de prioriser et de simplifier autant que faire se peut les missions exercées par la préfecture et les souspréfectures, afin que chacun soit en capacité de remplir les objectifs qui lui sont fixés et retrouve le sens de son action et de celle du ministère.

En vous remerciant de votre attention, nous vous remercions, Monsieur le Préfet, de bien vouloir joindre cette déclaration liminaire au compte-rendu du présent C.T.

Léo MAGNIEN

Représentant de la CFDT au Comité Technique

de la préfecture de la Côte d'Or

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