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Non au jour de carence

NON au jour de carenceConformément aux engagements de campagne du Président de la République, le Ministre de l'Action et des Comptes Publics, Monsieur Gérald DARMANIN, a annoncé le 06 juillet dernier le retour de la journée de carence pour les agents de la fonction publique en arrêt maladie dès 2018.

Mis en place en 2012 sous la présidence de Nicolas SARKOZY puis supprimé le 1er janvier 2014 sous celle de François HOLLANDE car jugé "injuste, inutile et inefficace" par le Ministre de la Fonction Publique de l'époque, le jour de carence, vieux symbole politique entretenu par une vieille vision de la fonction publique, alimente donc de nouveau un vieux débat...

Si l'inconstance de ces allers-retours législatifs agacent plus qu'ils n'étonnent en répondant à des impératifs de calendriers plutôt qu'à des soucis de bonne gestion, l'inconséquence d'une décision unilatérale, inéquitable et stigmatisante laisse plutôt place à l'inquiétude.

Au delà des questions de principes, que faut-il alors penser de la prescription d'un jour de carence pour venir à bout de pathologies médicales... ?

Outil de lutte contre les abus pour certains ou de lutte contre le "micro-absentéisme" pour d'autres, sous couvert d'un principe d'équité avec les agents du secteur privé qui justifie une participation à l'économie budgétaire, le rétablissement du jour de carence n'est nullement abordé sous l'angle des questions de santé et de protection sociale, de prévention ou d'amélioration de la qualité de vie au travail.

Le Ministre de l'Action et des Comptes Publics reconnaît pourtant que la maladie résulte en partie de la souffrance (liée au travail ?) de certains mais lui oppose aussitôt un absentéisme désorganisant les services et alourdissant la charge des collègues.

Cautionnant souvent l'efficacité d'une telle mesure, et donc sa nécessité, la baisse des courtes absences constatée suite à la première mise en place de la journée de carence occulte malheureusement la forte progression des arrêts maladie plus longs et conséquents. De plus, comment quantifier la réticence de certains qui, pour éviter une perte de traitement, renoncent à prendre un jour quand le besoin se fait sentir quitte à s'exposer ainsi à une dégradation de leurs états ?

Les salariés du secteur privé bénéficient pour la majorité d'entre eux d'une prise en charge du délai de carence par une prévoyance employeur. Comment peut-on alors mettre en avant un principe d'équité quand le dispositif en place s'accompagne de compensations financières au bénéfice d'une seule partie des travailleurs concernés ? La baisse de salaire engendrée pour l'agent public sera en effet à sa charge...tout simplement.

L'écart moyen de 0.2 % constaté ces dernières années entre les taux d'absentéisme des secteurs privés et publics n'est pas le seul indicateur à prendre en compte et n'est en aucun cas de nature à justifier ce traitement différencié.

Pour INTERCO-CFDT, les possibilités de négociations en matière de réductions des dépenses doivent justement permettre de conserver une solidarité en évitant la caricature et les travers d'une mesure qui a déjà montré ses limites.

En savoir plus : Communiqué de presse UFFA-CFDT

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