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Fonctionnaires: Laurent BERGER fustige les propositions délirantes de la droite

l laurent berger cfdtLe secrétaire général de la CFDT fustige les "propositions délirantes" de la droite en matière de réduction du nombre de fonctionnaires. Dans un entretien publié par 'Maris Match', Laurent BERGER n'est pas non plus tendre avec François Hollande...

"Délirantes" ! C'est ainsi que le leader de la CFDT  juge les coupes d'effectifs dans la fonction publique proposées par les candidats à la primaire de droite pour la présidentielle de 2017.

Alors que les 7 candidats à cette primaire doivent s'affronter jeudi soir lors de leur 2ème débat télévisé, le responsable syndical dénonce "du mensonge et de la manipulation" au sujet des projets de coupes drastiques dans le nombre de fonctionnaires.

Entre 200.000 et 500.000 fonctionnaires en moins ?

Dans un entretien publié par 'Paris Match', Laurent Berger estime ainsi qu'"il est scandaleux de pointer les fonctionnaires comme les responsables de notre situation actuelle". "Les coupes d'effectifs annoncées sont délirantes. Quand ils annonceront moins de remplacements d'enseignants, moins de services publics, d'action sociale, les gens réagiront", poursuit le secrétaire général de la CFDT.

Le programme d'Alain Juppé prévoit le non-remplacement de 200.000 à 250.000 fonctionnaires partant à la retraite. Celui de Nicolas Sarkozy prévoyait 500.000 fonctionnaires de moins sur le prochain quinquennat, notamment via le non-remplacement d'un départ sur deux en retraite dans la fonction publique d'Etat.

François Fillon promet lui aussi 500.000 postes en moins dans la fonction publique via le retour aux 39 heures de travail hebdomadaire et une réduction des embauches sous statut de fonctionnaire.

Laurent Berger défend le rôle des syndicats

Laurent Berger s'en prend aussi à la volonté affichée par Alain Juppé de limiter le nombre de mandats des syndicalistes et de les obliger à exercer leur activité de salarié au moins 50% du temps. "Ces propos sont stigmatisants, 90% des élus syndicaux en entreprises continuent d'exercer leur activité professionnelle", réplique-t-il... "Je rappelle que plusieurs candidats à la présidentielle, à droite comme à gauche, sont depuis si longtemps dans le système politique qu'ils ont connu plusieurs secrétaires généraux de la CFDT, qui eux sont passés à autre chose", ironise encore le leader syndical.

Quant à la proposition de plusieurs candidats de droite d'autoriser des référendums d'entreprises à l'initiative des employeurs sur le temps de travail, elle est jugée "insupportable" par Laurent Berger. "L'usage qu'ils veulent faire du référendum, c'est l'inverse de celui inscrit dans la loi Travail, qui prévoit cette consultation à la suite de la signature d'un accord qui ne peut être signé que par une organisation syndicale".

La CFDT a été l'un des principaux soutiens du gouvernement dans l'élaboration de la loi Travail, lorsque FO et la CGT y étaient opposées...

François Hollande dans le collimateur

Laurent Berger n'épargne pas non plus François Hollande et son "livre sidérant" de confessions à deux journalistes du 'Monde', "Un président de devrait pas dire ça..." Le leader syndical a très peu apprécié les commentaires du chef de l'Etat attribuant la montée du vote FN dans les classes populaires au fait qu'il n'y aurait pas "de syndicats forts" en milieu ouvrier. C'est "faux" et "exaspérant", réfute Laurent Berger.

Le patron de la CFDT (qualifié de "type très malin, très courageux" par François Hollande), répond qu'il "n'attend pas du Président de la République des commentaires sur ma personnalité. Je n'en ai que faire. L'ultra-transparence n'est pas bonne pour cette fonction. La seule chose qui m'intéresse, c'est la situation des salariés".

"Nous voulons que les candidats parlent mieux du monde du travail"

Laurent Berger se montre désenchanté vis-à-vis des partis politiques en général, qui "n'ont pas réfléchi à l'état de la France. Ils n'ont, par conséquent, construit aucun projet". Il "suffit de lire le dernier rapport de France Stratégie pour comprendre que le pays fait face à un double problème : les inégalités et l'absence de perspectives. Si le PS préfère le bal des égos à la réflexion sur les idées, c'est son affaire", poursuit-il.

"Nous voulons que les candidats parlent mieux du monde du travail", ajoute le responsable syndical. Pour les y inciter, la CFDT a lancé "Parlons travail", une grande enquête à laquelle plus de 106.000 personnes ont déjà répondu.

Blanc-seing

Parmi les enseignements déjà tirés de cette enquête (qui se poursuit), il ressort que 69% des salariés du privé ayant répondu au questionnaire aiment leur entreprise, et que 55% des agents publics aiment leur administration. En revanche, pour 59% des répondants, leurs supérieurs ne sont pas soucieux de leur bien-être, et 66% affirment que, s'ils devaient faire leur travail sans chef, cela ne changerait rien...

Concernant l'élection présidentielle, Laurent Berger affirme que son oragnisation appellera, comme en 2002, à barrer la route au FN si Marine Le Pen accède au second tour. Mais le candidat qui serait face à Mme Le Pen, s'il est élu, "n'obtiendrait pas notre blanc-seing sur sa façon d'exercer le pouvoir", prévient le numéro un de la CFDT...

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